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Durant le premier tiers du Xe siècle, les Vikings s'installent à Saint-Suliac sur l'estuaire de la Rance, au sud du Mont-Garrot et sur un site fortifié plus ancien. Ils reconstruisent une cité portuaire dénommée peut être « Gardaine », avec enceinte fortifiée quadrangulaire, une ceinture de rempart continue de plus de 600 mètres. L'espace intérieur fait 2,15 hectares. Ils abandonneront ce site stratégique après leur défaite de 939, à l'origine de leur repli vers la Normandie.

Situé sur le domaine public maritime découvrant, ce site, resté pendant longtemps énigmatique, correspondrait en fait à l'emplacement d'un ancien camp fortifié. Il n'en reste actuellement que des fondations en pierre qui émergent à marée basse.
Les Normands  ont du y établir une place forte sur les restes d'un ancien castrum romain. Occupé vraissemblablement entre 900 et 950, il devait consister en une fortification de bois juché sur un promontoire de terre entouré d'un assemblage de pierres qui dominait la Rance et en un retranchement extérieur certainement protégé par des pieux pouvant accueillir les drakkars à l'abri côté terre.

Tout porte à croire que la présence des Viking en Bretagne fut plus importante que l'on ne la considère souvent. La terre porte encore la trace des leurs camps édifiés ou réaménagés au début du Xè siècle.Les danois ont profité de la désorganisation des contrées maritimes bretonnes après la fuite éperdue des élites religieuses et laïques qui laissèrent les paysans sans moyens de défense matérielle et spirituelle devant les incursions des barbares.La région de Dol et celle de Saint-Brieuc ont vu l'établissement d'une communauté noroise pendant une génération environ. Les sites sont tous en bordure de mer ou à proximité d'une rivière qui s'y jette car, malgré l'adoption du cheval, les bandes de pillards demeuraient des marins dans l'âme et ne s'éloignaient guère de la frange littorale.  

Dans l'anse de Vigneux, le camp de Saint-Suliac se présente comme un retranchement polygonal défensif, à comparer avec le camp du Vieux M'na à Trans ( une quinzaine de kilomètres au sud-est de Dol).  Il est assis sur un îlot de vase accessible par voie de mer et se trouvait protégé du côté de terre par des fossés naturels tapis de vase molle à marée basse ou remplis d'eau à marée haute. Une ceinture de rempart continue de plus de 600 mètres, a été éventrée au nord vers 1880 quand un ostréiculteur voulut transformer l'enclos en parc à huître. L'espace intérieur (2,15 hectares) a subi de fortes dégradations à l'époque de ces travaux qui dégagèrent du matériel archéologique, ossements d'animaux et armes en fer. Sur le retranchement principal se greffe un talus face à la rive.  L'ensemble est remarquablement situé pour permettre un contrôle aisé de la circulation fluviale sur la Rance comme de la circulation terrestre vers le Clos-Poulet. Il s'agit sans doute du retranchement de Gardaine qu'évoque au XII ème siècle la Chanson d'Aiquin.(Un chef viking se nommait Incon au xè siècle,   la forme de ce nom évoluera ensuite en Aiquin aux siècles suivants en phonétique romane). http://www.saint-suliac.fr

Zone abritée, propice à l'échouage des bateaux, permettant un contrôle aisé de la navigation fluviale en Rance, ce site complétait à l'époque le contrôle terrestre de l'isthme de Châteauneuf. Site fortifié accessible par la mer, il se situe au carrefour de trois voies romaines majeures. Il s'agit d'un retranchement normand présentant des similitudes avec les camps du vieux M'na à Trans (Ille-et-Vilaine) et celui de Coëtquen, en Saint-Hélen (Côtes-d'Armor), notamment en ce qui concerne la structure et la section trapézoïdale des talus empierrés. La présence d'une courtine horizontale qui devait être limitée extérieurement par une palissade de bois ne laisse aucun doute sur le caractère défensif de l'ouvrage. Des arguments ont été avancés pour l'interprétation et pour l'identification de ce site à Gardoyne ou Gardayne, mentionné comme site normand dans le Roman d'Aquin écrit au XIIe siècle mais les récentes recherches toponymiques d’Elisabeth Ridel (Université de Caen) semblent indiquer que l’interprétation de ce site comme étant les ruines englouties de l’ancienne cité de Gardaine est erronée.

La première hypothèse émise est qu'il pourrait s'agir d'une ancienne pêcherie médiéviale de seiches ; une seconde théorie tend à exploser que les vestiges correspondraient à une vasière et une partie des structures aurait également servi à l'exploitation d'une saline : le tertre et les pierres découvertes en 2008 sur l’îlot central seraient alors les restes d’une salorge, servant à entreposer le sel et le matériel d’exploitation.

Une autre interprétation pourrait être la présence d’une structure portuaire romaine, abritée par le Mont Garrot et servant de base au commerce maritime de la région. Les navires auraient débarqué et embarqué leurs cargaisons dans ce port, situé à l’intersection entre le commerce maritime nord-sud de la Rance et l’axe terrestre est-ouest. Il existe des observations d’une voie romaine qui aurait emprunté le gué de Rigourdaine au Mont Garrot et les vestiges d’une villa romaine au lieu dit « Les Vignes Blanches », situés au pied du Mont Garrot, juste en face de la partie nord de l’enclos ont été mis au jour par prospection aérienne.

Il pourrait aussi s’agir d’une structure bien plus ancienne, une fortification de l’âge du Fer. En imaginant un niveau moyen beaucoup plus bas qu’actuellement, l’enclos formerait alors un fort, une structure défensive, située au bord de la Rance ancienne, à la limite des eaux de la marée haute. La levée de terre observée à l’extérieur de l’enclos (vers l’est) serait une entrée assurant la défense contre une attaque de l’intérieur. http://www.atlasponant.fr

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